Le principe du refroidissement adiabatique

Pour passer de l’état liquide à l’état gazeux l’eau a besoin d’énergie. La mise en contact de l’air avec l’eau permet l’évaporation de celle-ci et l’abaissement de la température de l’air. Un rafraîchisseur adiabatique permet l’échange entre l’air et l’eau et l’insufflation d’un air plus frais. On parle de refroidissement adiabatique car l’énergie totale de l’air reste la même (si on occulte l’énergie du ventilateur), l’énergie sensible est transformée en énergie latente sous forme de vapeur d’eau. C’est la chaleur gratuite de l’air qui permet d’évaporer l’eau, d’où un bilan énergétique particulièrement favorable. Le schéma ci-dessous représente les composants que l’on retrouvera dans cette technologie.

Les prémisses ou l’histoire du refroidissement adiabatique

Alors qu’elle a été utilisée par toute les civilisations avant la nôtre pour l’habitat ou même maintenir la fraîcheur des aliments, le refroidissement adiabatique refait son apparition après les premiers chocs pétroliers lorsqu’on commence à chercher des solutions moins énergivores pour refroidir l’air. Tout d’abord cantonné aux applications industrielles et aux grands volumes la technologie apportait une solution aux projets où la climatisation était trop coûteuse ou mal adaptée. Le refroidissement adiabatique trouvait sa place entre des solutions d’extraction mécanique renouvelant l’air sans le rafraîchir et des solutions de climatisation onéreuses à l’achat ainsi qu’à l’exploitation. Le but recherché était à l’époque de maintenir un minimum de confort naturel à moindre coût.

En droite ligne avec le développement durable et les prochaines réglementations

En 1997 les accords de Kyoto sont signés. Ils entrent en vigueur en 2005 et obligent les pays signataires à réduire leur empreinte carbone. L’impact de la climatisation, de ses gaz réfrigérants et de ses consommations électriques sur la planète est identifié et les fabricants doivent trouver des solutions aux niveaux des réfrigérants utilisés mais aussi sur la performance des produits de climatisation. La solution de refroidissement adiabatique refait donc surface car c’est un principe de rafraîchissement 100% naturel, simple et efficace : plus l’air extérieur est chaud, et plus le rafraîchissement adiabatique est efficace ! De plus, la réduction des émissions de GES qu’intègrent dorénavant les réglementations européennes et françaises vont impliquer chaque entreprise, chaque collectivité à s’engager vers des actions environnementales et bas carbone. La prochaine réglementation environnementale RE 2020 sera une des contraintes majeures à respecter dès 2021. Ainsi, les fabricants de refroidisseurs d’air adiabatique font également évoluer leurs produits pour offrir une alternative réelle à la climatisation classique et ce pour un nombre grandissant d’applications : ERP, bureaux, enseignement, maisons de retraite, salles de sports, locaux commerciaux, locaux industriels, datacenters, …

Des refroidisseurs adiabatiques plus performants

Rafraîchisseur par évaporation sur le toit d’un local de grande hauteur L’expérience des premières années avait démontré que le refroidissement adiabatique permettait d’amener du confort dans toutes les régions tempérées du globe, celles où la chaleur n’était pas associée à une humidité trop importante. Une optimisation des produits était cependant nécessaire.

Refroidissement adiabatique intégré à des solutions globales

Avec des CTA double-flux : Le procédé adiabatique appliqué au rafraîchissement impose un bon renouvellement d’air. Le débit passant à travers un média adiabatique doit impérativement être supérieur ou égal au débit de renouvellement d’air. Ce principe étant respecté, un module adiabatique peut ensuite être positionné sur l’air neuf, sur l’air soufflé (adiabatique direct avec apport en vapeur d’eau sur l’air neuf) ou sur la reprise (adiabatique indirect sans apport de vapeur d’eau sur l’air neuf). Le positionnement sur la reprise est souvent privilégié pour les ERP et les applications tertiaires où la concentration de personnes entraîne une augmentation de la chaleur latente. Il est en revanche nécessaire d’avoir un rendement élevé au niveau de la roue ou des échangeurs à plaques pour ne pas réduire la capacité de rafraîchissement. L’exemple ci-dessous donne les températures restituées pour un rendement global de récupération au niveau de la CTA de 80%.

Avantages principaux de la technologie adiabatique

Technologie adiabatique évoluée dans les espaces de grandes hauteurs

Le principal atout de l’adiabatique vient de sa faible empreinte carbone due à une consommation énergétique négligeable. Les consommations énergétiques sont dix fois plus faibles qu’une climatisation et dans le cas d’un raccordement sur ventilation existante, carrément négligeables.

Dans le cas d’une climatisation, la chaleur absorbée dans le bâtiment s’ajoute à l’énergie du compresseur pour être évacuée vers l’extérieur. Ainsi en essayant de maintenir la fraîcheur dans les bâtiments on réchauffe la planète. En adiabatique seule l’énergie nécessaire pour ventiler est perdue. L’eau évaporée n’est ni perdue ni polluée. Dans un bâtiment où il faut combattre 30 kW d’apport, une climatisation consommera environ 10 kW alors qu’un rafraîchisseur seulement 1 kW.

La consommation en eau surtout un été sera de 25 m3 environ. L’eau utilisée retournera dans l’atmosphère ou dans les eaux pluviales, c’est le cycle naturel de l’eau. L’utilisateur fera des économies (1000 € par an environ) tout en réduisant son empreinte carbone.

Rafraîchissement adiabatique : Economies d’énergie et empreinte écologique limitée

Retour d’expérience pour rafraîchir naturellement sans climatisation : USINE DE PRODUCTION TRIGANO VDL

En 2022, sur le site de TRIGANO VDL situé à Tournon-sur-Rhône, des rafraîchisseurs adiabatiques à soufflage vers le bas. Retour d’expérience sur une solution confortable, saine et rentable …

Conclusion

Si l’on veut continuer de rafraîchir les bâtiments sans réchauffer la planète, le refroidissement adiabatique s’imposera comme l’alternative naturelle à la climatisation, voire une solution de référence.

Combiner l’adiabatique à des solutions de ventilation permet d’en optimiser le fonctionnement.

Le vrai bouleversement consistera à concevoir des bâtiments avec un renouvellement d’air suffisant et combiné au refroidissement adiabatique afin d’obtenir un confort d’été avec le minimum de consommation électrique et d’impact en termes de gaz à effet de serre (GES).

L’être humain aura toujours besoin de confort, à lui d’utiliser les solutions que la planète lui propose naturellement, les anciennes civilisations l’avaient compris.

Avec les crises climatiques et les canicules à répétition, la solution de rafraîchissement adiabatique est appelée à un développement important, en neuf comme en rénovation.